Par Valerie Kanter, DMD, MS, BCN, présidente du comité d'endodontie de l'IAOMT. En grande partie grâce à la sortie d'un documentaire Netflix intitulé Root Cause, le débat sur le traitement de canal a atteint un point critique. Les patients, les praticiens, les facultés et les organisations dentaires s'inquiètent de cette intervention dentaire et de son impact potentiel sur le reste du corps. Nombreux sont les patients qui s'inquiètent lorsqu'ils entendent leur dentiste parler d'un traitement de canal. Avec plus de 15 millions de traitements de canal pratiqués chaque année, il est de notre responsabilité d'examiner toutes les données scientifiques disponibles avant de nous forger une opinion sur un sujet aussi important. Traitement de canal et santé globale : de plus en plus d'éléments indiquent un lien étroit entre l'état dentaire et la santé générale. Cela met en lumière la nécessité d'un système de soins de santé médico-dentaires intégré. Par exemple, deux nouvelles études publiées en février 2019 dans le Journal of Endodontics, revue à comité de lecture, explorent ce lien bucco-systémique. Les auteurs d'une des études font état d'associations entre les infections à l'extrémité de la racine de la dent et les maladies cardiovasculaires. De même, les auteurs de la seconde étude établissent un lien entre les infections des canaux radiculaires, une inflammation accrue et un risque cardiovasculaire modéré à élevé. Qu'est-ce qu'un traitement de canal ? Ce schéma illustre que l'objectif d'un traitement de canal est d'éliminer les tissus infectés et de nettoyer les canaux. Il est important de comprendre que l'endodontie est la branche de la dentisterie qui se concentre sur le traitement de la pulpe dentaire, c'est-à-dire les tissus mous situés à l'intérieur de la dent (nerfs et vaisseaux sanguins). L'objectif du traitement endodontique, ou traitement canalaire, est de prévenir et/ou de traiter les infections de ces structures. De nombreux facteurs ont été associés à l'efficacité du traitement canalaire, tels que l'utilisation de digues dentaires, de microscopes opératoires chirurgicaux, l'état parodontal, l'activation des solutions d'irrigation et la qualité de la restauration finale. Les facteurs d'échec comprennent la présence de tissu pulpaire nécrosé résiduel, d'une infection péri-radiculaire, d'une maladie parodontale, de fractures radiculaires, d'instruments cassés, de perforations mécaniques, de sur-obturations canalaires, de sous-obturations canalaires, de canaux manqués ou non obturés. Nouvelles technologies et recherches sur le traitement canalaire : Heureusement, des technologies émergentes pourraient éliminer ces lacunes des protocoles traditionnels de diagnostic endodontique et de traitement canalaire. L’utilisation des appareils de tomographie volumique à faisceau conique (CBCT) dans le diagnostic des pathologies endodontiques apparaît comme un outil important pour améliorer la qualité des soins. Le développement de technologies améliorant la désinfection 3D par irrigation activée par laser et irrigation multisonique a également pris de l'ampleur. L'utilisation de l'ozone de qualité médicale comme thérapie complémentaire est très prometteuse. Il est également essentiel de reconnaître le rôle crucial de la réponse immunitaire dans le traitement canalaire, ainsi que la relation complexe entre les infections buccales, la méta-inflammation (inflammation systémique de bas grade) et la génétique. En particulier, certains polymorphismes génétiques peuvent influencer la réponse de l'hôte et amplifier les réactions inflammatoires, augmentant ainsi la susceptibilité à la périodontite apicale persistante, qui a également été associée à des maladies systémiques. Une nouvelle norme pour le traitement canalaire : un nouveau paradigme en endodontie est plus que nécessaire. Il est impératif de comprendre les recherches les plus récentes et les techniques plus avancées en matière de traitement canalaire : l’utilisation d’un microscope, de la CBCT, de techniques d’irrigation et de désinfection avancées et d’une surveillance biologique devrait devenir la nouvelle norme de soins. Par ailleurs, la déclaration suivante, figurant dans un rapport d'étape de l'IAOMT en 2001, reste d'actualité : L'IAOMT ne peut pas prendre la position selon laquelle toutes les dents non vitales doivent être extraites. En revanche, il est clair que les dents non vitales — avec ou sans traitement endodontique — peuvent présenter un risque pour la santé systémique de certains patients. Chaque patient doit être évalué individuellement, en tenant compte de son état de santé et d'autres facteurs. L'IAOMT encourage les communautés dentaires, médicales et scientifiques à aborder ce sujet avec vigueur. Des efforts doivent être déployés pour mettre au point des méthodes valides permettant d'évaluer le risque pour la santé générale lié aux dents non vitales et pour proposer des techniques de traitement endodontique qui éliminent, ou du moins réduisent, ce risque. CLIQUEZ ICI POUR UNE VERSION PLUS DÉTAILLÉE DE CE DOCUMENT AVEC DES RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES